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vendredi 18 mars 2016

La Basilique du Saint-Sépulcre

Le parvis de la Basilique du Saint Sépulcre à Jérusalem
Le parvis de la Basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem
Selon la tradition, vers l'an 33 Jésus de Nazareth est condamné à mort, crucifié sur la colline du Golgotha  et enterré dans une tombe creusée en dehors de l'enceinte fortifiée de Jérusalem dans un jardin voisin. Après trois jours, il ressuscite d'entre les morts. 

La Basilique du Saint-Sépulcre englobent les deux lieux les plus sacrés de la chrétienté :  le Golgotha, lieu de la crucifixion et la grotte où le corps du Christ fut déposé après sa mort, appelée Saint-Sépulcre ou Tombeau de Jésus.

Le destin extraordinaire du Saint-Sépulcre :

Devenu très tôt un lieu de dévotion pour les premiers chrétiens, puis recouvert et perdu sous les fondations d'un temple romain dédié aux trois grands dieux de Rome : Jupiter, Junon et Vénus, exhumé  et sanctuarisé sous les ors d'une Basilique  à l'initiative de l’empereur romain Constantin Ier (Basilique qui sera dévastée par les Perses en 614, puis entièrement rasée en l’an 1009 par le calife fatimide al-Hakim, reconstruite sous l'Empereur byzantin Constantin Monomaque et enfin agrandie à la fin du XIIe siècle par les Croisés), le Saint-Sépulcre a connu un destin extraordinaire. 

Son histoire, à la fois heureuse et terrible, a bientôt 2000 ans.

Lien vers un document pdf retraçant l'histoire mouvementée du Saint-Sépulcre ici
Lien vers différentes vues en 3D de la Basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem ici

A l'entrée de la Basilique, les huit lampes suspendues au-dessus de la pierre de l'onction
A l'entrée de la Basilique, les huit lampes suspendues au-dessus de la pierre de l'onction
La pierre de l'onction (ou pierre de l'embaumement) est  la pierre sur laquelle le corps du Christ fut lavé et enveloppé dans le Saint-Suaire avant la Mise au tombeau. Elle est éclairée par huit lampes suspendues qui brûlent continuellement. Quatre appartiennent aux orthodoxes, deux aux arméniens, une aux catholiques et une aux coptes.


Descente vers la Chapelle Saint-Hélène du Saint Sépulcre
Descente vers la Chapelle Saint-Hélène
Construite par les Croisés, la Chapelle Sainte-Hélène occupe la partie inférieure de la Basilique. Elle est réservée aux offices de la communauté arménienne à laquelle elle appartient depuis le XIIe siècle. Selon la tradition chrétienne, c'est Sainte-Hélène, la mère de l'empereur Constantin Ier, qui aurait découvert la Croix de Jésus ainsi que celles des deux larrons, lors d’un pèlerinage en Palestine entrepris en 326. Chez les catholiques, Hélène est la sainte patronne des teinturiers, des marchands de clous et d'aiguilles. Elle est la sainte patronne des archéologues chez les Grecs orthodoxes.


La chapelle des Jacobites / Syriens et son autel endommagé
L'autel de la chapelle des Jacobites / Syriens - Saint-Sépulcre - Jérusalem
Ci-dessus l'autel  de la chapelle des Jacobites/Syriens endommagé lors de l'incendie de 1808.  C’est dans cette chapelle que les Orthodoxes syriaques célèbrent leur liturgie chaque dimanche. Elle se situe derrière la Rotonde. Elle correspond probablement à l'emplacement du tombeau de Joseph d'Arimathie. C'est lui qui descendit de la croix le corps de Jésus, "l'enveloppa d'un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait encore été", selon l’Évangile de Luc. Selon une tradition plus tardive Joseph d'Arimathie aurait recueilli le sang du Christ dans un vase, le Saint Calice, nommé "le Saint Graal" dans le cycle arthurien. 

Insolite : 

Le calvaire des Récollets de Romans-sur-Isère (Drôme - France) est une fidèle réplique des quatorze stations du chemin de Croix et du Saint-Sépulcre.


La chapelle de l'Ange - Tombeau du Christ - Saint-Sépulcre
La chapelle de l'Ange






mercredi 9 mars 2016

L'Ethiopie sur le toit du Saint-Sépulcre


chat  Monastère Deir es-Sultan
 Entre Afrique et Orient un chat sur le toit du Saint-Sépulcre - Monastère Deir es-Sultan

Il pleut sur le village éthiopien bâti sur le toit d'une Eglise.
Le Saint-Sépulcre est sous nos pieds.
Un chat fauve bondit sur le rebord de la fontaine. 
Atmosphère d'un autre âge, irréel.
Les murs peints à la chaux respirent la pierre calcaire des grottes du Vercors

Sur les façades, mousses et lichens, algues, barbules ou champignons que sais-je, toute une foison de vie mêlée glisse, rampe et se dilue. Ode aux couleurs du drapeau d'Ethiopie.


Village éthiopien Jerusalem
Les murs vivants du village éthiopien -  Monastère Deir es-Sultan

Sur les murs pastels, dans le ciel hydrophile, sur les dalles  anciennes,
les portes fraîchement peintes : rouge, jaune, vert, bleu de gris 
L'humidité du jour transcende la lumière. 
Partout où se pose le regard, vibre la beauté. 


Les portes vertes  - Monastère Deir es-Sultan - - Jerusalem - Israël
Les portes vertes  - Monastère Deir es-Sultan

Nous sommes sur le parvis de Deir es-Sultan à Jérusalem, un monastère appartenant à l'Église éthiopienne orthodoxe, installé sur le toit du Saint-Sépulcre au dessus de la chapelle Sainte-Hélène


Magasin de souvenirs - L'Ethiopie sur le toit du Saint-Sépulcre
Boutique de souvenirs fermée pour cause de prière -  Monastère Deir es-Sultan

Je resterais ici des heures.
Émerveillé.


Monsatère de l'Eglise orthodoxe d'Ethiopie - Jerusalem
La valse des chaises. En haut à gauche une chaise haut perchée pour sonner acrobatiquement  les cloches 

Entrée privée du village éthiopien de Jérusalem
L'entrée du village éthiopien barricadée par une croix - Monastère Deir es-Sultan

Pour accéder au village éthiopien, il faut traverser l'espace exigu d'une petite chapelle dont l'entrée discrète se trouve sur le parvis du Saint-Sépulcre.

Chapelle située entre le Saint Sépulcre et le monastère Deir es-Sultan
Chapelle située entre le Saint Sépulcre et le monastère Deir es-Sultan

L’Eglise éthiopienne orthodoxe a été reléguée à l’extérieur du Saint-Sépulcre au début du 
XVIe siècle. Plus vieille Eglise d'Afrique, elle fait partie des 14 Eglises chrétiennes en Terre SainteDépositaire d'un christianisme original, monastique et populaire, ses origines remontent au début du IVe siècle. Saint Jérôme rapporte que dès la fin du IVe siècle des éthiopiens se rendent en pèlerinage à Jérusalem. La communauté monastique de l’Eglise éthiopienne orthodoxe est très probablement présente à Jérusalem depuis cette époque, dès la première moitié du premier millénaire. 


Orant couvert d'un châle noir dans la chapelle située entre le Saint Sépulcre et le monastère Deir es-Sultan

Au début du XVIe siècle, suite à une guerre du souverain d’Harar,  ville musulmane située à l'Est de l’Éthiopie qui faisait partie du Sultanat d'Adal,  contre le Négus Gelawdéwos d'Éthiopie, celui-ci dut abandonner sa communauté. Les Éthiopiens furent alors expulsés du Saint-Sépulcre et s'installèrent dans un premier temps,  dans deux petites chapelles extérieures partagées avec les Coptes, qui leur en fermèrent l'accès en 1890. 
Le sultan ottoman Abdülhamid II leur accorda alors le droit d’installer une grande 
tente sur le toit du Saint-Sépulcre pour célébrer leurs Pâques. 
Aujourd'hui sur le toit du Saint-Sépulcre vit une communauté dans un village éthiopien...

Pour en savoir plus 
Site officiel de l'Eglise éthiopienne orthodoxe